Rapport de fin de journée. Poste 14. Objet : un gilet qui ne sera pas porté.
Le Grand Prix de Malaisie est déclaré à risque lié à la chaleur. Vendredi, aux essais libres, l’air dépassait 33°C. La piste avoisinait 60°C. Je ne commente pas. Je recopie.
Observation. Les deux voitures Mercedes rouleront sans gilet réfrigérant. Le règlement prévoit le cas : une équipe qui renonce au gilet embarque du lest supplémentaire. J’ai relu la ligne deux fois dans ma farde. Elle est claire. Pas de gilet, des kilos. Le règlement ne laisse pas partir les mains vides.
Motif, selon l’un des deux pilotes : « Nous n’utiliserons pas le gilet réfrigérant parce que nous n’avons pas consacré les ressources nécessaires pour le rendre suffisamment fiable ». L’équipe a préféré investir dans la performance de la W17. Le plafond est de 215 millions de dollars sur la saison. Il a donc fallu choisir.
Au poste 14, il n’y a pas de plafond. Il y a un thermos. Il contient une jatte de café, chaud, ce qui est l’inverse de ce dont on parle, et personne ne m’a jamais demandé de le justifier dans un budget. Jean-Luc, ma réserve, a proposé un jour d’apporter un deuxième thermos. On a dit non. Ce n’était pas une question d’argent. C’était une question de place sous la chaise.
Le même pilote propose que la FIA accorde un budget hors plafond pour ces systèmes, ou qu’une entreprise extérieure développe le gilet pour tout le monde. Je note. Je ne décide pas. Moi, je lève. Je ne juge pas.
Poste 14, reçu. Rien d’autre à signaler.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto · Formule 1.





