Rapport de fin de journée. Poste 14, Blanchimont. Objet : numéro de course du champion du monde.
J’ai lu la nouvelle lundi, au poste fermé, assise sur la chaise de camping que je garde dans le coffre. Kimi Antonelli, tout juste champion, a droit au numéro 1. Il garde le 12. « Je pense que je reste au numéro 12 », a-t-il dit à Formule1.nl.
Observation. Au poste, on ne voit pas une couronne passer. On voit un numéro. On le lit, on le note sur la farde, on le dit à la radio. Un 12, ça se lit très bien à Blanchimont. Un 1 aussi, remarquez. Mais il faut un nouveau numéro sur la feuille, et la feuille, c’est moi qui la tiens depuis trente ans.
Contexte. Max Verstappen et Lando Norris ont chacun pris le numéro 1 après leur titre. Antonelli rompt avec cette tradition. Le 1 disparaît de la grille pour la première fois depuis 2021.
Motifs déclarés. Le 12 est un hommage à Ayrton Senna, son idole. C’est aussi son premier numéro de course, en Formule 4. Il se dit très superstitieux et affirme que le 1 n’a jamais été un chiffre porte-bonheur pour lui. « Chaque fois que je l’avais sur ma voiture, ça se passait terriblement mal », a-t-il dit. Il garde le 12 pour rester les deux pieds sur terre et modeste.
Je ne juge pas une superstition. Moi aussi, j’ai la même jatte de café dans le thermos depuis trente ans. Le jour où je l’ai changée, il a draché. Il drache toujours, mais c’est une autre affaire.
Au Mexique, le week-end du titre, il a refusé d’anticiper alors que plusieurs personnes le félicitaient dès le vendredi. Au poste, on ne félicite personne le vendredi non plus. On attend le drapeau à damier. Puis on range.
Aucune intervention de la salle chauffée requise. Pour une fois.
Le jeune Italien a choisi le 12 de Senna, et votre serviteur, de source sûre, c’est-à-dire la télévision, salue le geste. Nous y reviendrons.
Rien d’autre à signaler.
Le fait est vrai, on a vérifié : Formule1.nl.





