Antonelli garde le 12. Il avait droit au 1, il n’en veut pas. J’ai lu ça sur Formule1.nl, le sim en pause, le volant encore chaud. « Honnêtement, je suis très superstitieux et le numéro 1 n’a jamais été un chiffre porte-bonheur pour moi », a-t-il dit. Et aussi : « Chaque fois que je l’avais sur ma voiture, ça se passait terriblement mal. »
Alors j’ai fait le test. Même voiture, même setup, deux livrées : une avec le 1, une avec le 12. Spa, tour sec, pas de vent. Écart : zéro millième. Dans le sim, le numéro est une texture. Il ne touche ni l’appui ni les pneus.
Sauf que lui, il a des données que je n’ai pas. Il dit que ça se passait mal avec le 1. Je ne vais pas contester un pilote qui vient d’être champion avec un autre numéro. Il a raison sur sa voiture. C’est mon modèle qui ne sait pas mesurer la chance. Variable non modélisée, comme le vent.
Le reste du fait est propre. Le 12, c’est un hommage à Senna, et c’est son tout premier numéro, en Formule 4. Max Verstappen et Lando Norris avaient pris le 1 après leur titre. Lui non. Le numéro 1 disparaît de la grille pour la première fois depuis 2021. Il dit que le 12 l’aide à rester les deux pieds sur terre et modeste.
Au Mexique, le week-end du titre, il refusait d’anticiper alors que des gens le félicitaient dès le vendredi. Ça, je comprends. Dans un lobby, tu ne fêtes jamais au tour un. Tu fêtes au drapeau, sinon tu te prends le mur à Pouhon par excès de confiance.
Moi, mon cockpit porte le numéro septante-sept depuis le premier jour. Je ne l’ai jamais changé. Pas par superstition. Juste parce que changer, c’est risquer.
Chez Fabienne Racing, on ne change pas un numéro qui gagne. Nous avons maximisé notre package.
Du coup, j’ai rajouté une ligne au setup : « chance = 12 ». Le delta n’a pas bougé. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Formule1.nl.


