Votre serviteur, qui a couvert les Grands Prix depuis la salle de presse, puis depuis la tribune, puis depuis le canapé de Malmedy, a guetté samedi une voiture de sécurité qui n’est jamais venue. Il n’était pas seul : des panneaux « SC » l’annonçaient aussi, au bord de la piste de Bakou.
De source sûre, c’est-à-dire le communiqué des commissaires sportifs, la direction de course ne l’avait pas déployée. Le jeune Brésilien de chez Audi a vu les panneaux et les drapeaux jaunes agités. Il n’a vu, en revanche, rien sur ses écrans, rien sur son volant, et son équipe lui a fait savoir, par la radio, qu’il n’y avait point de voiture de sécurité. Le document dit qu’il ne souhaitait pas « perdre inutilement une position ». Il a donc dépassé le Mexicain Pérez.
Les commissaires, en gens de procédure, ont tranché en deux temps. Pas de voiture de sécurité, donc pas d’infraction sous voiture de sécurité. Mais un jaune agité reste un jaune agité : dix secondes, la pénalité standard, avec la reconnaissance écrite que les panneaux erronés avaient contribué à l’affaire.
Votre serviteur a coupé le son, pour ne pas être influencé, et a attendu la voiture blanche avec la patience d’un homme qui a attendu le ciel au-dessus du Raidillon, ce juge de paix. Elle n’est pas venue. Le « safety car », comme ils disent, a donc existé sur des panneaux et nulle part ailleurs. C’est beaucoup pour un objet qu’on n’a pas vu.
Reste la question que personne ne pose : qu’en pensent-ils à Malmedy, où l’on sait depuis toujours qu’un jaune se respecte, même quand un panneau dit autre chose ? Nous y reviendrons.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto.




