La grille du Grand Prix des États-Unis n’existe pas encore, apprend-on, et elle a déjà reculé. Votre serviteur, qui a couvert bien des samedis depuis la salle de presse, puis depuis la tribune, puis depuis le canapé de Malmedy, n’avait jamais lu un classement amendé avant d’être établi.
De source sûre, c’est-à-dire le barème réglementaire lui-même, trois pilotes ont dépassé les quotas de leur groupe propulseur. Le jeune Lindblad, de chez Racing Bulls, en est à son sixième moteur à combustion interne quand le règlement en accorde quatre par saison ; il reculera de cinq places, le barème voulant que le premier écart coûte dix places et les suivants cinq. Le règlement a donc ses habitués, et des tarifs pour eux.
Le Brésilien Bortoleto, chez Audi, a reçu un groupe propulseur entièrement neuf. Le moteur, le turbo et l’échappement restent dans les clous ; le stockage d’énergie et l’électronique de contrôle, eux, en sont au quatrième exemplaire pour trois autorisés. Vingt places, la plus lourde des trois : il partira de l’arrière, quel que soit son tour samedi. L’Argentin Colapinto, chez Alpine, change son électronique de contrôle, quatrième exemplaire lui aussi, et prend dix places pour ce premier écart.
Votre serviteur a fait l’addition sur le dos d’une enveloppe : trente-cinq places, sur une grille de vingt-deux. Il en reste treize que personne ne réclame. Le Raidillon, ce juge de paix, n’aurait jamais toléré pareille comptabilité ! Au Circuit des Amériques, on fera avec.
Reste la question que personne ne pose : qu’en pensent-ils à Malmedy ? À Malmedy, on pense qu’un moteur qui tient quatre saisons dans une Opel de l’hebdomadaire vaut bien un quota.
Nous y reviendrons.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto.




