J’ai lu le document des commissaires, puis j’ai chargé Singapour. Sortie du virage 7, tour lancé, nonante pour cent de gaz. Jaune.
Ce que dit la télémétrie, selon eux : Verstappen accélérait, puis a relâché, et environ 40 mètres après l’entrée dans la zone, il avait totalement levé le pied. Devant, Hamilton freinait, sous 60 km/h. Avant la décision, Laurent Mekies, chez Red Bull, le disait en tour de refroidissement ; les commissaires, eux, s’en tiennent au freinage et à la vitesse. Le dépassement s’est fait avant le virage 8. Il a abandonné son tour ensuite.
Je l’ai refait ce matin. Six fois. J’ai mis un ghost à 60 devant moi. Résultat : je passe aussi, à chaque fois. Pour ne pas passer, il faut planter les freins, et là le sim me dit que la voiture derrière moi n’est pas contente. Verstappen a expliqué aux commissaires la même chose : éviter le dépassement aurait demandé un freinage très appuyé, potentiellement dangereux.
Le chiffre qui m’intéresse, c’est celui-là : au point de dépassement, il roulait environ 70 km/h moins vite que sur son autre tour rapide de la séance. Septante. Dans mon cockpit, c’est l’écart entre un tour et une promenade.
Les commissaires ont établi l’infraction et n’ont pas pénalisé, à cause de la différence de vitesse de rapprochement. Dans le sim, il n’y a pas cette case. Soit tu as une pénalité, soit tu n’en as pas. Le juste milieu, c’est une variable non modélisée. Comme le vent.
La structure confirme : à Mariembourg, la vitesse de rapprochement s’appelle « le papa qui traverse avec le sandwich ».
Il garde la pole du Sprint, devant Russell et Leclerc. La décision a pris plus de deux heures. Moi, un incident, je le revois en quatre minutes, replay compris. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Formula1.com.





