Le rapport des commissaires tient sur une mesure. Norris pensait que l’avant de sa voiture était devant le rétroviseur de celle de Piastri avant le point de corde. Donc il attendait de la place. Ça, c’est une question de géométrie. La géométrie, je sais faire.
Je l’ai refait ce matin. Singapour, virage 5, dernier tour, deux voitures identiques, mon ghost devant, moi derrière. J’ai pris l’intérieur. Dans le sim, tu as une vue de dessus en replay, tu figes l’image, tu poses une règle sur l’écran. Mon aileron avant arrivait au rétroviseur du ghost avec trente centimètres d’avance. Selon ma règle, j’avais le droit d’y aller.
Sauf que le ghost ne regarde pas son rétroviseur. Il ne regarde rien. Piastri, lui, a dit selon Formula1.com : « Je dois regarder. Je ne l’ai pas vu au point de corde. » Et le rapport ajoute qu’il ne s’attendait pas à un dépassement, qu’il a vu la voiture à l’intérieur après avoir braqué, et qu’il a essayé de laisser de l’espace. Norris, même source : « Il y avait un grand trou, j’y suis allé, j’ai le droit de le faire. Le reste, on va le revoir en équipe. »
Donc tu as deux pilotes qui ont raison chacun dans son cockpit. Un qui voit un trou. Un qui ne voit personne. Les commissaires ont conclu que les deux avaient contribué, que personne n’était entièrement ou principalement responsable, et ils n’ont pris aucune mesure. Franchement, c’est le seul verdict que mon sim aurait rendu aussi, parce qu’il ne sait pas ce que le pilote d’à côté s’attend à voir.
C’est ça, la variable non modélisée. Pas le vent, cette fois. L’attente. Je n’ai aucun réglage pour « il ne s’attendait pas à ce que tu essaies ».
Un rétroviseur, Nathan, ça sert à voir ce qui arrive. Pas à mesurer ce qui est déjà là.
J’ai relancé le replay une dernière fois avec un ami en ligne à la place du ghost. On s’est touchés au même endroit. Lui dit que je n’étais pas devant. Moi, j’ai ma règle. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Formula1.com.




