Dans le même entretien, Antonelli dit apprendre quelque chose à chaque sortie : « Chaque fois que je monte dans la voiture, j’arrive avec quelque chose de nouveau, je sens que j’ai davantage confiance, un meilleur contrôle de la situation. » Toto Wolff, lui, a comparé sa manière de progresser en absorbant les informations recueillies en piste à une intelligence artificielle.
Rapport du poste 14, lundi matin, lu à froid dans la farde.
Un pilote en tête du championnat ne prononce pas le mot « championnat » au moment de s’asseoir dans la voiture. Au poste, on connaît le principe. Il y a des mots qu’on dit et des mots qu’on ne dit pas. « Copy », on le dit : ça veut dire qu’on a entendu, pas qu’on a écouté. « Sec », on ne le dit pas avant que la piste le soit. On dit « humide par endroits », et on garde le drapeau à portée de main.
Ce n’est donc pas de la superstition. C’est de la signalisation. On ne montre pas ce qui n’est pas encore là, et on ne l’annonce pas non plus à la radio. La salle chauffée applique la même règle, en plus lent : elle écrit « noted » et elle réfléchit encore vingt minutes.
Deux victoires, Monza et Madrid, un pilote de 20 ans qui dit qu’il apprend à chaque fois qu’il monte dans la voiture. Le classement, lui, est affiché ailleurs, par des gens dont c’est le travail. Il n’a pas besoin qu’on le dise à voix haute dans le cockpit.
Chez nous, le mot qu’on ne prononce pas, c’est « dernier tour », tant que la direction de course ne l’a pas donné. Jean-Luc l’a dit une fois, il y a quelques années, la radio ouverte. On l’a entendu jusqu’au poste 13. Depuis, il le pense très fort et il se tait, et il tient son drapeau. Un mot, ça s’utilise quand la procédure le permet. Poste 14, reçu. Rien d’autre à signaler.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto.




