Rapport de fin de journée. Poste 14. Lu vendredi soir, sur la chaise de camping, le thermos à moitié.
Objet : une conférence de presse à Singapour, avant le Grand Prix. Le directeur de Mercedes répond à des accusations. On dit que son écurie favorise une voiture contre l’autre. Il dit que non.
Je recopie ce qu’il a déclaré : « Est-ce qu’ils pensent que j’ai un bouton sur lequel il est écrit ‘Panne moteur de George maintenant’, ou que nous allons désavantager un pilote par rapport à l’autre alors que nous nous battons pour le championnat des constructeurs et que nous avons toujours eu pour principe de fournir le même matériel à tout le monde ? »
Observation. J’ai cherché ce bouton au poste. J’ai un drapeau jaune, un deuxième pour le double jaune, un bleu, un blanc, un vert, un rouge que je lève et je me tais. J’ai une radio. Aucun bouton marqué « panne ». La farde ne le prévoit pas. Je vérifie quand même chaque année.
Situation au championnat. Une voiture a 84 points d’avance sur l’autre, à sept Grands Prix de la fin. La seconde a abandonné à Sepang sur un problème moteur, le dernier d’une série. Elle partira du fond de la grille à Singapour, allocation de composants dépassée. Ceci est le règlement. Le règlement ne favorise personne. Il compte.
À Singapour, une voiture a la dernière évolution, l’autre une version antérieure. Mercedes compare. Selon son directeur, Mercedes ne sait pas encore laquelle sera la plus rapide. Au poste aussi, on compare deux thermos. On ne sait jamais lequel tient chaud jusqu’au départ.
Le bouton existe. Dans le sim, ça s’appelle « pannes aléatoires », et je le laisse sur off.
Il a aussi dit que ces critiques le divertissent. Moi, on ne m’a jamais accusée de favoriser une voiture. On ne m’a jamais remerciée non plus. Équilibre.
Poste 14, reçu. Rien d’autre à signaler.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto · Formule 1.



