Il est des vendredis où l’on découvre que le moteur d’une monoplace ne dépend plus seulement du pied droit de son pilote, et Singapour en a offert un. Votre serviteur, qui a couvert les qualifications depuis la salle de presse, puis depuis la tribune, puis depuis le canapé de Malmedy, n’avait encore jamais vu la puissance distribuée comme on distribue les tickets de navette.
Les faits, de source sûre, c’est-à-dire le communiqué et la presse spécialisée. Un drapeau rouge en SQ1, l’aileron avant de la Cadillac de Sergio Perez ayant rendu les armes. Pendant l’interruption, ce qu’ils nomment le « overtake mode », et que le canton appellera le mode dépassement, est désactivé. À la reprise, six minutes, deux tours lancés, et une erreur humaine de la direction de course empêche sa réactivation. On s’en aperçoit, on l’allume vingt-sept secondes, on l’éteint.
Vingt-sept secondes. Certains ont bouclé leur tour avec une vitesse de pointe supplémentaire, d’autres non, selon l’endroit où ils se trouvaient. À la radio, plusieurs pilotes ont dit ne rien comprendre ; on a parlé au Britannique de Mercedes d’un problème de réglages de la FIA. Le jeune Français de Red Bull, Isack Hadjar, s’est plaint d’un manque de puissance dans son dernier tour.
Le talentueux Madrilène de Williams, Carlos Sainz, le plus lent de la séance, a déclaré que la moitié des voitures avaient fait le tour avec un moteur une demi-seconde plus rapide que les autres, et s’est dit un peu perdu devant un sport qui fait des choses différentes selon qui sort en Q1 ou au premier tour. Il a reconnu, avec une franchise qui l’honore, des soucis de freins. Les données disponibles suggèrent que Williams n’a rien perdu en ligne droite face à ses voisins, et la FIA dit que l’erreur ne semble pas avoir directement causé les éliminations.
Comme si cela ne suffisait pas, un problème de chronométrage, sans lien aucun, a laissé des temps non enregistrés et retardé la SQ2.
À Francorchamps, le Raidillon, ce juge de paix, distribue la puissance à tout le monde de la même manière : il la reprend. Reste la question que personne ne pose : qu’en pensent-ils à Malmedy ? Nous y reviendrons.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Race.



