Gasly a fait Malaisie-Singapour en voiture. Bottas à vélo. Et Gasly le dit lui-même : « Je suis arrivé un peu plus vite que Valtteri. » Tu m’étonnes. Quatre roues contre deux, c’est pas un duel, c’est un setup.
Moi je comprends parfaitement le pilote. Il dit qu’il n’aime pas être dans les airs sans avoir le contrôle. Dans le sim, c’est pareil : si tu n’as pas le volant, tu n’as rien. Un avion, c’est une course où tu es passager du ghost.
Il dit aussi qu’il déteste l’avion et qu’il a choisi le mauvais métier, parce que chaque vol lui retire des années de vie. Moi j’ai choisi le bon. Mon métier, c’est ma chambre, à Genk. Septante pour cent cockpit, trente pour cent lit, zéro pour cent aéroport. Deux mille quatre cents tours de Spa, jamais sur place, et jamais en avion non plus, c’est une heure de route.
J’ai essayé de refaire son trajet. Le sim n’a pas cette route-là. J’ai pris ce qui ressemblait le plus : une longue ligne droite, Kemmel, en boucle. Il dit quatre heures et demie. La source dit moins de cinq heures. Je garde quatre heures et demie, c’est son chrono, c’est son delta.
Le truc que je ne modélise pas, c’est Bottas. À vélo. Pas de puissance moteur, pas de DRS, juste les jambes. Variable non modélisée, et de loin. Gabriel Bortoleto a aussi dit qu’il n’aimait pas l’avion. Ça commence à faire un lobby.
Un vélo n’a pas de numéro. Je ne sais pas le signaler.
Bref, la terre ferme, c’est mon terrain. Le pilote et moi, on est d’accord : le meilleur moyen de voyager, c’est d’avoir un volant dans les mains. Lui à Singapour, moi à Genk. En théorie, c’est le même voyage.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto · Formule 1.



