Votre serviteur, qui a suivi bien des querelles de famille depuis la salle de presse, puis depuis le canapé de Malmedy, tient à rendre compte de celle-ci avec la retenue qu’elle mérite. À Bakou, au premier restart derrière la voiture de sécurité, le jeune Argentin d’Alpine a bloqué ses roues et percuté son coéquipier, le Normand Pierre Gasly. L’écurie y a laissé une bonne occasion de marquer des points.
De source sûre, c’est-à-dire le récit publié depuis, le pilote a quitté Bakou pour l’usine d’Enstone. Le lendemain, à cinq heures du matin, il prenait place au simulateur. Il ne s’agissait pas d’une punition, précise-t-on : le départ matinal était prévu de longue date, pour le décalage horaire. Suivirent des réunions avec Flavio Briatore, conseiller exécutif, le directeur général Steve Nielsen, le directeur des courses Dave Greenwood et des ingénieurs. Verdict des données : deux à trois pour cent de frein en trop.
« Évidemment, Flavio était en colère. Tout le monde dans l’équipe était en colère. Ce n’est pas une situation agréable. Et c’est encore pire d’être celui qui la crée », a déclaré l’intéressé.
Deux à trois pour cent. Votre serviteur a connu des rédactions où une erreur de cette ampleur valait une virgule déplacée et un rappel du rédacteur en chef, le lundi, dans un bureau sans chauffage. On en sortait meilleur, ou du moins mieux ponctué. La Formule 1 a gardé la méthode et changé le mobilier. Reste la question que personne ne pose : qu’en pensent-ils à Malmedy ? À Malmedy, on freine avant Malmedy. Le virage, pas la ville.
Alpine retient donc une leçon bien apprise, et la pénalité de cinq places sur la grille déjà prononcée pour ce week-end. Rien d’autre ne sera infligé au pilote. Nous y reviendrons.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Race.




