Virage 5, Singapour, Q2. Je l’ai refait ce matin, avec un ghost en tour de refroidissement posé sur la trajectoire. Tu arrives derrière, tu pousses, et tu lèves. Carlos Sainz a dû abandonner son tour et termine 14e. Nico Hülkenberg, lui, sort 11e.
Les commissaires disent qu’il l’a « unnecessarily impeded ». Puis ils ne le sanctionnent pas, pour « extraordinary mitigating circumstances ». Moi j’ai lu ça et j’ai pensé : enfin, un bug reconnu officiellement.
Parce que c’est un bug. Le fournisseur officiel de chronométrage indiquait que Sainz avait déjà pris le drapeau à damier. Audi l’a dit au pilote par radio. Les données n’étaient pas synchronisées, elles se sont affichées correctement après un court laps de temps, quand Sainz était déjà derrière. Et l’équipe de Sainz, d’après ses radios, croyait pareil, sur les mêmes données.
Dans le sim, ça ne passe pas, ça. Le serveur te dit quand le tour d’un autre est fini, au même millième pour tout le lobby. Si le lobby voit deux choses différentes, on appelle ça de la latence et tout le monde quitte la partie.
Hülkenberg a dit qu’il ne savait pas, qu’on ne lui avait rien dit, qu’il croyait que Sainz était en tour de refroidissement. Normal. Le pilote n’a pas tort. C’est la donnée qui était mal réglée. James Vowles, chez Williams, a dit qu’un des systèmes indiquait que son pilote avait passé la ligne après le drapeau alors que non, et qu’il faut resserrer le processus.
J’ai mesuré mon tour avec le ghost en travers : je perds quatre dixièmes rien qu’au virage 5. Sur un dernier tour, c’est toute la séance.
La radio a dit fini. La radio a dit copy. Rien d’autre à signaler.
Hülkenberg partira 10e, avec la pénalité de grille de George Russell. Le serveur, lui, n’a rien eu. En théorie, il devrait partir dernier.
Le fait est vrai, on a vérifié : The Race.


