Il est des Grands Prix où l’on craint la pluie, d’autres où l’on craint le moteur. À Singapour, apprend-on, on craint le varan.
Votre serviteur, qui a couvert la Formule 1 depuis la salle de presse, puis depuis la tribune, puis depuis le canapé de Malmedy, n’avait encore jamais eu à traduire un reptile pour ses lecteurs. Voici donc les faits, tels que les rapporte RacingNews365. Des varans apparaissent régulièrement sur le circuit urbain de Marina Bay. Les pilotes parviennent tout juste à les éviter. Le Néerlandais natif de Hasselt, Max Verstappen, et son ingénieur de course, Gianpiero Lambiase, savent qu’ils devront à nouveau tenir compte de « Godzilla » le week-end prochain. Le titre, sobre comme on les aime, parle d’une « invasion monstrueuse ».
Godzilla, donc. Le surnom a de l’allure. Dans l’hebdomadaire de l’Est, du temps où l’on tapait le dimanche soir pour le jeudi, nous n’aurions pas osé. Nous aurions écrit « un animal de forte taille », et le correcteur aurait demandé lequel.
Il faut voir là, pour le lecteur du canton, la marque d’une époque où l’ingénieur de course prévient son pilote une semaine à l’avance de ce qui traversera la piste. Chez nous, la seule chose qui traverse la piste sans prévenir, c’est la drache, et personne ne lui a jamais donné un nom de cinéma.
Votre serviteur regardera donc la course, à l’heure qu’il faudra, le son coupé pour ne pas être influencé, avec une attention nouvelle pour les bas-côtés. De source sûre, c’est-à-dire la télévision, nous saurons bien si Godzilla s’est présenté.
Un animal en piste, on le signale. On ne lui donne pas de nom. Au poste, même Jean-Luc n’a pas de surnom.
Nous y reviendrons.
Le fait est vrai, on a vérifié : RacingNews365.




