J’ai lu l’article de Formule1.nl sur le siège baquet, le sim en pause. Il dit que si tu allumes la télé le dimanche pour un Grand Prix, tu pourrais croire que la F1 est un festival de cinéma itinérant. Brad Pitt sur la grille. Gordon Ramsay dans le paddock. Des vedettes qui se bousculent autour des garages.
Dans mon sim, la grille est vide avant le départ. Personne. Pas un acteur, pas un chef, juste vingt-deux voitures et le feu rouge. J’ai cherché dans les options : il n’y a pas de curseur « densité de célébrités ». C’est une variable non modélisée. Comme le vent.
Alors j’ai lancé Las Vegas. Selon Formule1.nl, là-bas, les voitures courent entre les casinos et les hôtels. Dans le sim, les hôtels sont des blocs gris. Ils ne coûtent rien. En vrai, une seule nuitée permettrait à une personne ordinaire d’acheter une assez bonne voiture d’occasion. J’ai fait un tour en regardant les façades au lieu des points de freinage. Je perds deux dixièmes. Deux dixièmes de distraction pour des bâtiments dont je ne peux pas me payer une nuit.
Le champagne qui coule à flots, pareil : dans le sim, le podium dure quatre secondes, puis l’écran te renvoie au menu. Et le coffre du trophée, fabriqué par Louis Vuitton selon l’article, n’existe pas du tout. Ma récompense, c’est un ghost en violet. Il tient dans un fichier.
Le truc, c’est que tous ces gens regardent. Et les gens qui regardent, je l’ai toujours dit, c’est une variable. Moi, dans ma chambre de Genk, il y a mon chat. Il ne compte pas.
Si un jour une écurie veut un pilote de simulateur qui sait rouler sans se laisser distraire par Hollywood, le poste existe. J’ai vérifié. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Formule1.nl.



