Rapport de fin de journée. Vendredi. Austin. Deux séances d’essais libres. Je n’y étais pas. Je l’ai lu le samedi matin, au poste, avant le briefing, avec la jatte de café du thermos.
Temps au tour annulés pour limites de piste : 207. Pilotes concernés : 23. Je recopie, je ne commente pas.
Au poste 14, une sortie des limites, on la note dans la farde. Une ligne, un numéro, une heure. 207 lignes, c’est la farde entière, plus la couverture. Il m’aurait fallu trois bics et Jean-Luc pour tenir la page. Jean-Luc, ma réserve depuis trente ans, n’a jamais levé un drapeau en course. Ce vendredi-là, il aurait enfin eu du travail.
Observation. Une voiture totalise 20 infractions sur les deux séances. Une autre, 18. À elles deux, 38. Je ne nomme personne : en essais, on essaie. La ligne blanche, elle, ne s’essaie pas. Elle est là, elle est blanche, elle ne bouge pas.
Observation suivante, plus courte. Une voiture n’a qu’une seule infraction sur les deux séances, relevée en deuxième séance. Deux pilotes seulement, sur ceux qui ont roulé les deux fois, ont terminé au moins une séance sans aucune annulation. Au poste, on appelle ça une journée calme. On ne les félicite pas. On ne félicite personne. Personne ne nous félicite non plus.
Rappel du règlement, pour dimanche. En course, après trois dépassements, drapeau noir et blanc. À la quatrième infraction, cinq secondes possibles. Le drapeau noir et blanc, je l’ai dans ma housse. Il est plié avec soin. Il ne sort pas souvent à Blanchimont.
Pour mémoire, en Autriche en 2023, la salle chauffée avait recensé plus de 1 200 infractions en course. Quarante-sept caméras. Je n’ai pas de chiffre pour le temps qu’elle a mis. Moi, j’ai une chaise de camping.
Poste 14, reçu. Rien d’autre à signaler.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto · Formule 1.



