207 tours effacés en deux séances. J’ai regardé le chiffre trois fois, puis j’ai lancé le circuit des Amériques dans le cockpit, qui prend septante pour cent de ma chambre.
Dans le sim, un tour effacé, c’est un petit triangle rouge à côté du chrono. Pas de drame. Tu continues, tu refais. Albon en a eu 20 sur les deux séances, Norris 18. À eux deux, 38. J’en ai eu combien ce matin ? Je préfère garder ça pour le lobby.
Ce qui me fascine, c’est que la ligne blanche est le seul élément du circuit qui ne bouge jamais. Le vent bouge. La température de piste bouge. La ligne, non. Et pourtant c’est elle qui gagne. Je l’ai refait ce matin : en élargissant d’une roue en sortie de virage, je gagne deux dixièmes. Deux dixièmes, et un triangle rouge. Le sim est honnête, il te montre ce que tu as gagné avant de te l’enlever.
Bottas, lui, une seule infraction, en deuxième séance. Avec Ocon, c’est le seul, parmi ceux qui ont roulé les deux fois, à boucler au moins une séance sans rien perdre. Je l’ai mis en ghost. Il est plus lent que moi au virage où je triche. Mais mon tour n’existe pas. En vrai, il y a trop de variables. Le vent, par exemple, et la tentation.
Dimanche, ce sera le régime course : trois dépassements, drapeau noir et blanc, une quatrième infraction et cinq secondes peuvent tomber. En Autriche en 2023, les commissaires avaient compté plus de 1 200 infractions en course. Mon sim aurait planté.
Le poste de pilote de simulateur existe, j’ai vérifié. Je vais ajouter à ma candidature que je sais rester entre les lignes. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto · Formule 1.



