Fernando Alonso sort de sa voiture à Sepang, quinzième des EL2, et on lui demande déjà ce qui s’est passé. Il répond qu’il n’a pas eu le temps de voir quoi que ce soit. Je comprends trop bien, sauf que chez moi c’est l’inverse.
Dans le sim, la télémétrie est là avant que j’enlève le casque. Courbe de gaz, freinage, température des pneus. Personne ne me pose de questions, à part ma mère qui demande si je mange. Lui a les micros et pas les courbes. Moi les courbes et pas les micros. Le système est mal réglé des deux côtés.
Alors j’ai fait le test ce matin. Un relais à Sepang, puis j’ai répondu à voix haute, dans la chambre, sans regarder l’écran. Quel est le problème de la voiture ? J’ai dit : « le grip ». Ensuite j’ai ouvert les données. Le grip, oui, mais mon train arrière perdait 0,3 seconde au tour en fin de relais, et ça, je ne l’avais pas senti. Sans les données, tu réponds juste à moitié.
Alonso, lui, a quand même dit l’essentiel : plus de grip, plus de puissance, et des réglages pour la chaleur et l’asphalte rude, en ménageant les pneus mieux que les autres. Pedro de la Rosa a ajouté que l’asphalte manque d’adhérence pour tout le monde, et qu’il reste du travail sur l’équilibre de la voiture de Lance Stroll.
La chaleur, mon sim la simule. La fatigue juste après un relais, non. Variable non modélisée.
Au poste, on ne demande rien à quelqu’un qui vient de replier un drapeau.
Donc la meilleure interview, c’est dix minutes après. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto.



