Albon, 19e en qualifications sprint à Singapour. Sa phrase, à The Race : « Je pensais qu’on avait un autre tour. Je ne savais pas que c’était un seul tour. »
Je l’ai lue trois fois. Dans le sim, ça n’existe pas, le tour qu’on n’a pas. Tu finis ton tour, tu en as un autre. Tu rates, tu réinitialises. Le serveur ne te dit jamais « c’était le dernier ». C’est la seule chose que mon cockpit fait mieux que Williams, et je ne m’en vante pas, enfin si, un peu.
J’ai chargé Marina Bay ce matin, nuit, pneus tendres. J’ai fait la séance comme lui : un tour lancé, puis plus rien. Sauf que chez moi, le « plus rien » n’arrive pas. J’ai dû me l’imposer. J’ai mis un post-it sur l’écran : « UN SEUL TOUR ». Au premier passage, je suis rentré trop vite au virage 5 et j’ai perdu quatre dixièmes sur mon ghost. Mon doigt est allé tout seul vers réinitialiser. J’ai résisté. C’était horrible.
En vrai, il y a des variables que personne ne modélise. Le vent. Les drapeaux rouges qui coupent la séance. Le compte des tours qui reste au muret et pas dans ta tête. Le temps qui reste, qui change selon qui le lit. Mon sim affiche les minutes en gros, en haut à droite. Je ne dis pas que c’est la solution. Je dis que c’est un réglage.
Le poste de pilote de simulateur existe, j’ai vérifié. Je pourrais l’ajouter à ma candidature : « sait compter jusqu’à un ». Josiane trouve que ça ne se met pas sur un CV.
Au poste, on sait toujours combien il reste. On ne sait jamais à quelle heure on rentre.
Devant, Verstappen a fait la pole, sous enquête pour un drapeau jaune. Lui aussi attend de savoir combien il lui reste. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Formula1.com.



