Frederik Vesti a 24 ans et il est pilote de réserve de Mercedes. Il assiste aux Grands Prix depuis les coulisses, il aide Kimi Antonelli et George Russell dans leur saison, et une grande partie de son travail se passe au simulateur. « Je travaille dur dans cet outil, je le connais mieux que quiconque », a-t-il dit à Ekstra Bladet.
Nathan a relu la phrase trois fois, puis il a mis son sim en pause.
Attends. Il a le meilleur simulateur du monde, un badge, une chaise qui ne grince pas, et le truc qui le rend malheureux, c’est qu’on ne le laisse pas sortir. Moi j’ai l’inverse exact : personne ne m’empêche de rien, j’ai juste une chambre à Genk. Le poste existe, j’avais vérifié, et voilà quelqu’un qui l’occupe et qui regarde la porte.
Vesti dit aussi qu’il demande toutes les deux semaines à Andy Shovlin, responsable de l’ingénierie en piste, quand il pourra à nouveau piloter la voiture. Nathan trouve la fréquence raisonnable. Lui, il relance toutes les saisons, avec ses deux mille quatre cents tours de Spa et son 1 min 41 s en pièce jointe.
Il a refait le calcul à sa manière, ce matin, en pneus tendres : entre le tour qu’il sort à froid et celui qu’il sort après vingt minutes de roulage, il y a quatre centièmes. Quatre centièmes qui n’existent que parce qu’on l’a laissé rouler vingt minutes. C’est exactement la variable dont parle le Danois, sauf que chez Vesti la variable s’appelle le calendrier.
Et puis il y a cette phrase, dans le même entretien : « Je ne peux pas imaginer quelque chose de plus brutal que de rester là à regarder 22 voitures tourner en rond alors que je ne suis pas autorisé à piloter moi-même. » Chez Nathan, regarder vingt-deux voitures tourner en rond, ça s’appelle dimanche après-midi, et il trouve ça plutôt bien.
Donc en gros, plus tu es près de la voiture, plus ça fait mal. C’est une courbe que je n’avais pas modélisée. Je vais quand même renvoyer ma candidature. En théorie.
Le fait est vrai, on a vérifié : Nextgen-Auto.




