Le Grand Prix de Bahreïn s’est couru, apprend-on, après une averse tropicale qui en a retardé le départ pendant la majeure partie d’une heure, et votre serviteur, qui a couvert bien des départs depuis la salle de presse, puis depuis la tribune, puis depuis le canapé, n’avait encore jamais vu une grille se comporter comme une boîte de jouets.
De source sûre, c’est-à-dire la télévision, le son coupé pour ne pas être influencé, plusieurs monoplaces peinaient à avancer derrière la voiture de sécurité. En cause, un logiciel qui règle l’énergie électrique des moteurs sous la pluie, pris en défaut par un régime bas, une faible adhérence et la configuration du circuit. Le Néerlandais natif de Hasselt, vainqueur ensuite de façon dominante pour sa première victoire de l’année, l’a dit à BBC Sport dans une langue que votre serviteur traduit ici pour le canton : « C’était dingue. Genre, c’est la puissance Lego. »
La référence, précisons-le, renvoie aux monoplaces Lego à batterie présentées avant le Grand Prix de Grande-Bretagne en juillet. Le Britannique, troisième, ne l’a pas contredit : « Oui, on avait la même vitesse. » Voilà donc deux champions d’accord, chose rare, et d’accord sur un jouet.
Plus haut dans la hiérarchie, Andrea Stella, de McLaren, a jugé que ce départ n’était « pas idéal en termes de présentation du sport », et Nikolas Tombazis, pour la FIA, a promis une enquête complète. Peut-il garantir que cela ne se reproduira jamais ? « Ce problème précis, oui. Un problème, non », a-t-il répondu. La phrase mérite d’être encadrée au-dessus de toute boîte à outils.
Chez Fabienne Racing, on n’a pas de logiciel. On a une clé de dix. Elle n’a jamais planté.
Votre serviteur, qui a reçu jadis une boîte de briques et n’en a jamais retrouvé toutes les pièces, se garde bien d’annoncer ce que l’enquête trouvera au fond de la boîte. Nous y reviendrons.
Le fait est vrai, on a vérifié : BBC Sport.


