Rapport de fin de journée. Poste 14. Il fait caillant.
Objet : un pilote de la grille arrive au Grand Prix suivant sans avion. Je l’ai lu dans le journal, au poste, entre le café et le sandwich. Départ de Sepang, à 60 kilomètres au sud de Kuala Lumpur, dimanche soir. Arrivée au bord de mer de Singapour, mercredi après-midi. Distance : 419,67 kilomètres. Au centième.
Observation n° 1. Le premier soir, 56 kilomètres jusqu’à Port Dickson, en un peu plus de deux heures. De nuit. Au poste, de nuit, on ne fait rien. On attend le briefing de six heures.
Observation n° 2. Le deuxième jour, près de 162 kilomètres en 5 h 45, à 28 km/h de moyenne. Le mardi, la même distance avec un quart d’heure de moins. Au poste, on appelle ça une amélioration. La salle chauffée appellerait ça « under investigation ».
Observation n° 3. Selon Sporza, la frontière est atteinte vers 14 h 20, heure locale. Le contrôle frontalier est passé une vingtaine de minutes plus tard. Vingt minutes pour vérifier un passage. Je connais une salle qui met le même temps avec quarante-sept caméras.
Observation n° 4. Le plan initial disait 350 kilomètres, jusqu’au mercredi soir. Motif : jeudi, journée des médias, présence obligatoire de tous les pilotes. Il est arrivé avant. Je respecte une procédure qui tient compte de l’heure de convocation.
À l’arrivée, un « diplôme » pour les 419,67 kilomètres. Moi, en trente ans, j’ai un badge. Jean-Luc, ma réserve, a le même badge et n’a jamais levé un drapeau. Il demande si on peut avoir un diplôme pour l’attente. J’ai transmis à la direction de course. Réponse : « copy ».
La structure rappelle que la remorque, elle aussi, fait Philippeville-Mariembourg sans avion.
L’écurie a dit à l’AFP qu’il s’agit d’une « activité privée ». Je note. Je ne juge pas. Rien d’autre à signaler.
Le fait est vrai, on a vérifié : RTBF Sport.


